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Compléments alimentaires: Trop souvent hors la loi

 

Une enquête des services des fraudes montre que la majorité des fabricants de compléments alimentaires vendus sur les marketplaces font figurer des allégations interdites sur leurs produits.

C’est un taux de non-conformité exceptionnellement élevé qu’ont relevé les enquêteurs de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) lors de leur enquête sur les compléments alimentaires vendus sur les places de marché en ligne : 60 % des opérateurs étaient hors des clous. Au centre des vérifications, le respect de la règlementation sur les allégations. Ces dernières sont classées en trois catégories.

Les allégations nutritionnelles indiquent que le produit contient en quantité élevée, ou au contraire limitée, tel ou tel composant (exemple : « source de fibres », « pauvre en matières grasses »). Les différentes mentions telles que « pauvre en… », « source de… » ou encore « riche en… » sont encadrées : ces termes correspondent à des quantités bien précises de chaque nutriment. Le produit doit évidemment respecter ces fourchettes pour pouvoir arborer l’allégation. En l’occurrence, ce n’était pas toujours le cas, certains compléments alimentaires contenant des quantités trop faibles des nutriments mis en avant.

Les allégations de santé relient la présence d’un des composants du produit à un effet bénéfique (exemple : « Le calcium est nécessaire au maintien d’une ossature normale »). Seules les allégations validées par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) peuvent être utilisées. Pour obtenir une telle validation, les professionnels doivent fournir un dossier scientifique solide prouvant le lien entre le composant et l’effet allégué. De plus, le produit doit contenir une quantité minimale de cet élément, également définie par l’Efsa. Or 33 des 75 opérateurs contrôlés utilisaient des allégations nullement approuvées par les autorités, telles que « L’ananas est un actif minceur naturel » ou « La dolomite [un minéral, ndlr] favorise la fixation du calcium ».

Les allégations thérapeutiques attribuent à une denrée alimentaire des propriétés de prévention, traitement ou guérison d’une maladie. Elles sont strictement interdites. Or 38 des 75 opérateurs contrôlés en faisaient figurer. Exemples : « Le kudzu [une plante asiatique, ndlr] permet de lutter contre les addictions », « La propolis est un antibiotique naturel » ou encore « L’huile de concombre traite les maladies psychiatriques » !

Du bio sans certification

Si les contrôleurs invoquent une méconnaissance par les fabricants et vendeurs de la règlementation en vigueur ‒ ce qui est, en soi, anormal ‒ certains d’entre eux poussent le bouchon un peu loin. C’est le cas de deux opérateurs qui ont écopé de procès-verbaux : l’un, en état de récidive, ne pouvait pas invoquer une telle méconnaissance ; l’autre ne se contentait pas d’utiliser des allégations thérapeutiques et de santé interdites mais présentait ses produits comme « bio » sans certification.

Les résultats de cette enquête constituent un argument supplémentaire pour se méfier des compléments alimentaires, des produits le plus souvent inutiles et parfois dangereux.

 


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